Agence Opaline
Wedding Planner Mumpreneur

L’Agence Opaline a 10 ans

L’Agence Opaline a 10 ans! 10 ans d’entrepreneuriat avec ses hauts mais aussi ses bas. Ce n’est pas un long fleuve tranquille mais c’est une belle aventure très enrichissante.

Je pourrai vous raconter ces 10 années dans les détails. Mais est ce bien intéressant pour vous? J’aime assez l’idée que certaines de mes expériences puissent servir à d’autres Wedding Planner qui se lancent ou souhaitent se lancer.  Et pourquoi pas à d’autres entrepreneurs également.

En toute transparence je vais faire simplement une rétrospective.

Les débuts:

Personne ne peut imaginer à quel point cela peut être dur de se lancer à son compte quand on a zéro confiance en soi. Cela demande une passion immense pour son métier et une certaine determination. Faire taire cette petite voix dans sa tête qui nous dit que l’on va droit dans un mur. D’autant plus qu’à cette époque, personne ne croyait en mon projet. Si aujourd’hui ce métier est devenu plus courant, le fait de l’exercer à l’étranger pose toujours questions. Dans mon entourage certains se demandent encore ce que je fais toute la journée. Et d’autres me voient courir partout. Tout dépend à quel point on souhaite me connaitre finalement.

J’ai passé des heures à me demander: « qui va accepter de me payer moi, pour faire ça ». Cela demande un cheminement parfois douloureux psychologiquement et une remise en question constante. Mettre tout en oeuvre pour se dépasser et dépasser ses peurs. Bref se dépasser et toujours avancer.

J’étais loin, trèèèèèèèès loin des USA à ce moment là.

L’évolution:

J’ai appris très rapidement. J’ai observé et analysé absolument tout. Les personnes que j’admirais surtout. Puis tout le reste. Non pas pour copier. Je voulais surtout me démarquer. Je n’ai jamais compris la volonté des gens de faire exactement la même chose que les autres. Oui c’est sécurisant mais c’est tellement peu gratifiant.

J’ai travaillé jour et nuit. Comment tenir un site internet, gérer les réseaux sociaux, un blog, comment se comporter, quoi dire, quoi vendre, comment et à quel prix, comment s’habiller. Découvrir quelle était ma cible et l’atteindre. Tout ce que je maîtrise aujourd’hui en quelques secondes, que ce soit en communication ou dans mon travail d’organisatrice me prenaient des heures et des heures au début.

J’ai aussi eu le bonheur de rencontrer des professionnels que j’admirais à un point inimaginable. Pire qu’une groupie. A chaque rencontre j’étais comme une gamine à qui on faisait un cadeau inestimable. Vouloir donner une bonne image de moi à tous ces professionnels m’a aidé à évoluer plus rapidement que je ne l’aurais fait en temps normal.

Agence Opaline©

Les USA:

Je ne parlais pas anglais, je n’avais jamais mis un pied aux USA. Je n’ai donc rien prémédité. Mais une fois les mariages aux USA lancé il a fallu encore apprendre. Apprendre l’anglais mais aussi la culture américaine et la façon de travailler dans le monde du mariage là bas. Même si on se dit qu’on connait on est très loin de la réalité. Et c’est différent dans chaque état, comme pour les démarches administratives.

Là aussi j’ai du apprendre vite mais avec des professionnels patients, qui m’ont donné ma chance dès le départ et sans jugement. Si on ravale son ego et qu’on fait correctement son travail, avec respect, les portes s’ouvrent et c’est ce qui s’est passé. Je me sens chanceuse d’avoir eu sur ma route des prestataires américains ou expatriés aussi géniaux; Encore aujourd’hui d’ailleurs.

Berta Show
Cedric Klein

Plus dur sera la chute

Mais cette image candide de fille sympa et sensible m’a aussi joué des tours. Attention, je suis toujours restée moi même. Sensible, en essayant de faire de mon mieux, parfois soupe au lait. Je me suis longtemps cherchée. Et j’ai appris à me connaitre avec le temps. Je me suis perdue dans un milieu qui faisait primer l’image à l’humain. Du moins c’est la sensation que j’avais. Je ne distinguais plus le vrai du faux. Je me suis emprisonnée dans une image de moi que je ne supportais plus.

Au départ, c’est gratifiant de rentrer dans une pièce et de voir les gens venir à vous pour vous dire que vous êtes formidable et que ce que vous faites est génial. Mais je ne me sentais absolument pas plus géniale qu’une autre. C’était bizarre. Puis j’ai compris plus tard qu’en rajoutant USA ou NYC à a peu près tout, on peut susciter un intérêt absolument fou. Et c’est surtout ces trois lettres que les gens appréciaient. Ils l’aimaient plus qu’ils n’appréciaient Amandine. Mais mon ego était flatté et j’avais l’impression de pouvoir déplacer des montagnes. J’ai quand même eu le bonheur de vivre des choses absolument incroyables!

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Et je me suis complètement noyée … en silence!  Moi qui suis de nature spontanée et vraie. J’ai appris tout le pouvoir des mots ou des images. Je sais désormais que la communication est une forme de manipulation. J’ai appris toute l’hypocrisie dont pouvaient être capables certains pour de l’argent ou une petite notoriété. J’ai appris qu’on peut vous faire tous les compliments du monde un instant et vous broyer complètement l’heure d’après. Aujourd’hui, je ne crois plus les « on dit » ni même les jolis sourires. Aujourd’hui, je fais juste mon travail tel que j’en ai envie. Le reste ne compte plus.

Les bas

Si à mes débuts j’étais entourée de personnes bienveillantes, les choses ont changé au fur et à mesure que je m’émancipais de certaines cases et en même temps que mon entreprise grandissait. J’étais dans une sorte de tourbillon euphorisant. Je voulais partager la réussite que je vivais avec d’autres. Sincèrement. S’en est suivi une suite de déceptions sur lesquelles je ne reviendrai pas mais qui m’ont complètement anéanti. Il arrive que ce soit encore assez sensible pour l’hypersensible que je suis.

Cette période fut un peu compliquée car comme me l’a dit une jour une collègue wedding planner, c’est un peu comme se faire bruler le dos avec un chalumeau et être obligée de sourire quand même. C’était une grosse période de remise en question. Je voulais tout arrêter. Mais je recevais encore tellement de demandes de clients. La charge de travail était immense! J’étais lynchée et copiée d’un coté, triste, en colère et même déprimée. Mais de l’autre j’avais toujours de plus en plus de clients.

Ce ne serait pas correct de ma part de ne pas mentionner aussi toutes ces personnes absolument fabuleuses qui m’ont soutenue et épaulé sans demi mesure. Je ne les remercierai jamais assez;  Ces contraires permanent me prenaient une énergie folle. J’ai même fait un burn out. Je me suis réveillée un jour avec un coté paralysé. J’ai eu peur. Mais avec du repos et quelques gros changements j’ai pu reprendre. Je ne voulais surtout pas abandonner mes mariés.

Agence Opaline
Johnny Vacar

Covid

Clairement, si cette pandémie a été une catastrophe et une horreur, elle m’a sauvé la vie! J’ai enfin eu cette pause que je voulais tant sans savoir comment faire. Et j’ai absolument tout coupé. Je n’existais plus. Voulant disparaitre complètement. Ne plus entendre parler de pièce montée, de robe de mariée ou de quoi que ce soit qui était lié au mot mariage. Moi qui avais tant aimé cet univers. Moi qui avais été tellement fière de mon travail.

J’ai continué d’accompagner chacun des couples qui avaient déjà signé avec moi, en faisant de mon mieux. En faisant des points régulièrement sur la situation à l’étranger. Ma priorité c’était eux, pas mon entreprise. J’ai vu leur famille s’agrandir pour certains. Je refusais complètement de revenir sur un réseau social. Cela me donnait la nausée. Je suis revenu à la base de ce qui m’avait plu dans ce métier: l’humain et rendre les gens heureux. Participer à leur bonheur c’est une sensation indescriptible!

Puis j’ai eu un autre combat à mener. Bien plus grand et difficile. Celui du diagnostic de mon fils ainé qui est donc autiste asperger. Heureusement pour moi, mon activité était au point mort à cause de la fermeture des frontières. Je n’ai pas pu travailler du tout pendant prés de deux ans. J’ai du me battre seule pour mon enfant et pour ses droits. C’était un combat épuisant et quotidien. Et malgré tout je voyais quand même des professionnels se plaindre constamment. Cela me parasitait tellement que ça a fini de me convaincre de lâcher prise complètement. Cette période fut bénéfique car cela a porté ses fruits. J’ai tout donné quitte à m’oublier. Aujourd’hui, mon fils va très bien. Cela reste parfois difficile de gérer certaines crises ou combat. Mais à présent nous sommes armés et je ne suis plus seule. J’ai appris à percevoir mon atypie également.

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Et maintenant

J’avais peur de tomber dans l’oubli. Mais la demande est toujours là. Finalement les choses sont comme elle auraient dû toujours être. J’ai pu marier les couples qui ont patienté deux ans ou plus. Il en reste encore certains mais c’est en bonne voie. J’ai compris tellement de choses à présent.

Toutes ces choses, je les ai acquises grâce à mes échecs, grâce aux gens qui ne m’ont fait aucun cadeau. Mais aussi grâce à mon combat contre moi même, à ma persévérance, à mon ambition, grâce à mes proches et à mes nuits blanches. Il y a clairement un avant et un aprés Agence Opaline.

Cette entreprise c’est une partie de moi et de toute la force qu’il m’a fallu pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui. J’ai grandi avec elle, je me suis surpassée avec elle. Je suis tombée et je me suis relevée encore et encore. Mais j’ai surtout réalisé des choses dont je me croyais incapable. En fait, je ne me suis pas laissée le choix. J’ai avancé dans les tempêtes en m’accrochant de toutes mes forces. Je sais à présent que je ne dois rien à personne. Que j’ai le droit d’être fière de mon travail et du chemin parcouru.

Je ne cours plus sans cesse après des contrats. J’ai réappris à organiser mon temps entre mon travail, mes enfants et les impératifs liés au handicap de mon fils, mon mari, mes amies et … moi! Je ne suis plus autant accrochée à certaines choses et je me suis complètement libérée  sur ce que j’attendais de ma vie et de mon travail.

Les fausses croyances:

Oui je voyage souvent, non je ne suis pas riche, oui il m’arrive encore de douter parfois, non je ne lâche jamais rien quand j’ai un projet en tête, oui j’ai appris à être plus patiente, plus pondérée. Non je ne culpabilise plus de penser à moi. Oui aujourd’hui je pose des congés, des jours fériés, je me repose quand je sens que mon corps et surtout ma tête en ont besoin.

Non, tout ça n’est pas du à la chance. J’ai travaillé très dur pour pouvoir 10 ans après être toujours là. Quand je pars faire un mariage à l’étranger et qu’on me dit « profites bien » ou encore « bonne vacances » je me dis qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire comprendre mon métier. Qui sait, rdv dans 10 ans pour un nouveau bilan. Je suis certaine que plein de jolies choses vont arriver.

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